Quatre ambassades réduites, mais toujours ouvertes

WASHINGTON — Les États-Unis réduisent le nombre de leurs employés dans quatre de leurs grandes ambassades au Moyen-Orient, sur fond d'avertissements du renseignement selon lesquels l'Iran intensifie ses efforts pour cibler le personnel américain. Les quatre missions concernées sont les ambassades américaines en Jordanie, au Liban, au Qatar et aux Émirats arabes unis.

Malgré la réduction du personnel, les quatre ambassades restent ouvertes. Selon un rapport de l'Associated Press cité par plusieurs médias, ces missions fonctionnaient déjà en effectif réduit avant cette dernière réduction, et leur personnel n'a pas reçu l'ordre de quitter le pays où il est en poste.

Cette mesure contraste avec la politique en vigueur en Arabie saoudite. Là-bas, en début de semaine, le département d'État a ordonné au personnel gouvernemental américain non essentiel et à leurs familles de partir, face à des menaces croissantes.

Mémo de renseignement : Le complot iranien à un stade avancé

L'avertissement figure dans une note d'une page du directeur du renseignement national Jay Clayton adressée au secrétaire d'État Marco Rubio le vendredi 24 octobre 2026. Cette note non classifiée a été obtenue pour la première fois par Axios, puis rapportée par Associated Press.

Dans ce mémo, Clayton écrit que le renseignement américain a reçu des informations selon lesquelles l'Iran a considérablement intensifié ses efforts pour cibler le personnel américain. Il avertit également que les efforts meurtriers de l'Iran contre des citoyens américains ont atteint un stade avancé au Moyen-Orient et dans plusieurs autres pays.

Le mémo ne précise pas les cibles, les lieux ou les pays spécifiques en dehors de la région du Moyen-Orient, et n'indique pas si une attaque est imminente. Clayton aurait proposé que des informations de renseignement plus larges puissent être partagées avec le personnel du Département d'État qui pourrait être en danger.

Menaces des Houthis et démenti au sujet de l'attaque

Des responsables américains, s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité de l'information, ont indiqué que cette réduction des effectifs était liée à la menace iranienne ainsi qu'à celle des Houthis yéménites soutenus par l'Iran. Lors de l'annonce de cette réduction, le Département d'État avait initialement mis en avant le danger posé par les Houthis, sans mentionner directement la menace iranienne.

Des responsables démentent que le retrait de personnel soit lié à une éventuelle nouvelle frappe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Le président Donald Trump lui-même a rejeté les propos de son envoyé pour la Turquie, Tom Barrack, qui avait évoqué la possibilité d'une frappe américaine contre l'Iran dès ce week-end.

Cette tension coïncide avec un renforcement de la vigilance militaire dans la région. Des médias rapportent que deux porte-avions américains se trouvent dans la zone, alors que Washington et Téhéran restent en conflit au sujet du programme nucléaire iranien et des activités régionales de l'Iran.